[Partie 3 - INDE] Campus

Je me balade dans l'appart. C'est vraiment grand et je découvre les petites spécificités indienne.

Par exemple, les blocs éléctrique muraux :

  • Y'a des interrupteurs pour les prises électriques.

  • Y'a des interrupteurs et des prises électriques un peu de partout, sans vraiment de logique. ce qui se révèle plutôt relou en pratique.

  • Y'a un interrupteur pour chaque lampe. Si j'ai 4 lampes au plafond, y'a quatre interrupteur. Si y'a en plus l'hélicoptère de plafond et une prise électrique, y'a 6 interrupteur et oui, y'a rien pour les différencier.

C'est rigolo aussi, parce que les prise éléctrique son multi-pays. Tu peux brancher n'importe quelle prises dessus, sauf que ... ça reste du 220V. Bref, comme d'hab', ils sont pas allé au bout du truc.

J'ai deux chambres et deux salles de bain/chiotte. Oui, deux. Au cas où j'ai envie de changer.
Bon aller. Jour pair, chiotte de gauche, jour impair, chiotte de droite.
Sinon, ben tout est meublé, y'a une super machine à laver qui fait de la musique, un lave vaisselle, un micro-onde, un four et un petit frigo.
Et bien sur, l'inévitable purificateur d'eau.

Mais restons sur la salle de bain. Y'a pas de baignoire. on se douche "au sol". y'a un pauv' petit "trottoir" pour évité d'en mettre de partout, mais comme y'a pas de rideau de douche ... Comme on est en sécurité dans l'appart, ils ont quand même prévu la prise électrique dans la "douche", au cas où, subitement, tu as envie d'aventure à la Claude François.

Je ne vais pas décrire son agencement parce que je vais déménager sous peu. Donc, je vous parlerais plutôt du nouveau.

Par contre, je ne resiste pas à vous montrer la joli vu de la fenêtre du salon.

piscine

Reprenons.
J'viens de me taper un grand voyage en avion et 5h de route suicide. Je suis cuit. Mais, fou que je suis, je décide de descendre me ballader dans le campus. En bas de l'immeuble je tombe nez-à-nez avec AlexiM. Il en profite donc pour me faire faire le tour du proprio.
Je pénètre dans les différentes section du campus, la cantine, l'hotel (linternat pour les étudiants) et bien sur notre batiment, DSK Supinfogame.
AlexiM me présente à tout plein de gens dont j'ai oublié le nom quelques minutes après tant les suite de lettres qui les composent me sont aussi logique que le son de notre "e" avec un accent ou derrière deux "t" (ou deux "r").

Je pose un sourire et un "Nice to meet you" à chacun qui doit plus faire flipper qu'autre chose, vu ma tronche.

On me demande aussi de venir à l'administration pour pouvoir commencer la régulation de ma ma nouvelle situation. Sauf que je suis vraiment fatigué et je préfère aller me coucher. Il est 18h.

Je me réveille le lendemain à 7h, avec une patate !

J'avoue que comme j'ai un peu trainer pour raconter cette partie ici, je ne me souviens plus trop des détails. Je sais juste que j'ai posé plein de question sur le taff, la vie et tout.
Et que j'ai signé plein de papiers, parfois trois fois sur la même feuille.
Oui. Du genre tu signes en bas de la page, mais tu signes aussi à coté de l'adresse pour bien dire que c'est ton adresse, pis à coté de la date. On sait jamais.
Je sais pas ce qu'ils en font après ... Il doivent découper la page et en donner un p'tit morceau à chaque mec qui s'occupe d'une partie. Un morceau au gars qui vérifie la date, une au gars qui va rentrer ton adresse dans leur systême informatique desuet.
Les Indiens sont à cheval sur les procedures, c'est infernal. Et puis, ils en sont encore au crayon/papier/enveloppe. Enfin, vous avez pu vous en rendre compte dans le billet contant mes aventures Amazonienne (le magasin online, pas les gonzesses à poil mono-tétons)

J'vais quand même raconter le bordel que ça a été pour aller récupérer mes deux malles, envoyées de France. J'avais bien prevenu l'administration que je devais aller recupérer ces malles le dimanche matin à l'aéroport de Mumbai.
Comme je veux y être vers 10h du mat', on part, avec Pravin, vers 5h. La route, je m'en souviens plus vu que j'ai fini ma nuit.

Arrivé à la section Cargo de l'aéroport de Mumbai, on se dirige vers l'accueil (vachement bien planqué pour un accueil). Là, j'explique mon cas et indique le nom de la compagnie de fret qui s'est occupé de l'envoi. Et je m'entends répondre :

- Désolé, mais tout est fermé aujourd'hui. C'est la fête national.

Et oui. L'administration du campus est pas foutu de faire gaffe à ce genre de truc. Bravo le veau (sacré). Un gars nous accoste. Il a un badge de l'aéroport. Il nous file la carte de son boss et nous demande de revenir demain.

Retour au campus donc. La loose total. Une journée de foutu. Ca occasionera plus tard une passe d'arme via mail entre Dragonobert et l'administration, bien marrante, tournant bien évidemment à mon avantage !
Celà dit, j'ai pu voir des singes regarder les voitures passer sur l'autoroute (Chez nous, c'est les vaches et les trains). Un plot, un singe.

Le maharadja de la route

Je repart donc le lendemain. Sauf que cette fois, c'est pas Pravin qui m'emène, c'est un jeune qui n'hésite pas à faire du 120 sur l'autoroute. Du coup on aurait pu arriver genre 8h30 à l'aéroport. Ben non, on est arrivé à 10h : cet andouille s'est paumé dans Mumbai. Il ne savait visiblement pas où se trouvait le département Cargo de l'aéroport. Il s'arrétait tout les 10m pour demander son chemin aux rickshaw de la ville.
Un rickshaw, c'est un peu le pousse-pousse indien. Un genre de motobinette à trois roues avec une capote, qui sert de taxi. Ca pullulent en Inde. J'en reparlerais.
Bref, on s'est retrouvé à naviguer dans les rues étroites de Mumbai, blindé de bagnoles et de rickshaws, de gens qui traversent comme y peuvent et de vaches sacrées qui n'en ont rien à foutre.
Finalement, je reconnais un peu l'environnement et c'est moi qui guide mon chauffeur. Ouais, ouais ...

Arrivé au Cargo, le gars du jour précédent me reconnait et va chercher son boss. Et là, je découvre l'Inde.
Mon chauffeur va attendre pendant trois heures. Trois heures où mon gus va disparaitre, réaparaitre, me demander de l'argent, sans que je sache si je ne me fait pas filouter.
Première étape, l'accueil. On me fabrique une carte d'accès valable seulement ce jour. Vu la gueule du truc, la prochaine fois, je me la fait moi même, je gagnerais du temps : imprimer en noire et blanc (photo comprise) sur du papier 80g pourri. je la lache, elle s'envole.
Ensuite, il m'emmène dans un petit bureau dans l'étage d'un immeuble tout moisi. Dur de deviner qu'ici se tient la succursale indienne de mon transporteur. Je patiente, on me file les documents pour pouvoir récupérer mes malles à l'aéroport. je paye 700 roupies (que j'abrégerais en "Rs", dorénavant).
On redescend.
Il m'emmène dans la salle d'attente de l'entrepôt principal. c'est vétuste, c'est grand et y fait chaud. Là, il me demande ce qu'il y a dans les malles. j'hésite à lui répondre vu que je sais toujours pas s'il est un mec de la douane ou un Rapetou. Il m'explique alors que je ne doit pas déclarer plus de 20 000Rs dans mes malles si je ne veux pas être taxé. Ouais. On risque de me taxer pour des trucs persos à moi qui m'appartienne. on m'a rien taxé du tout quand j'ai passé la douane avec mes deux valises. Mais on est pas à une incohérence près. Faut même que je m'y habitue.
Ensuite, le mec me donne le montant de ce que je vais avoir à payer. Outre les frais de gestion classique de l'aéroport, le mec me parle d'honoraires. Je commence à comprendre. Le gars rencontré à l'entrée est une sorte de rabatteur. Lui, c'est son boss, et il est accrédité par l'aéroport pour s'occuper de gars comme moi et faire tout les papiers à ma place. Je me dis que je vais pouvoir m'entrainer au négoce, mais aussi, que c'est pas plus mal vu tout ce qu'il a fallu faire et aller pour se retrouver dans cette pièce. Et ça a pas l'air d'être fini.

Il me demande 1500Rs en m'annoncant qu'il sera de retour dans une heure. Pas le choix, faut faire confiance. Vu que je viens d'arrivé en Inde, mes intestins sont pas encore bien entrainés. C'est l'heure des toilettes.
Mais je ne suis pas dans le super campus, moderne et tout. Je suis dans une salle toute pourrite, avec des bancs en bois que même le curé de Troulouque-La-Glandule (23) ne voudrait pas pour son église.
Y'a une douchette, un saut, un trou. Pas de papier.
La courante passe. J'étrenne ma main gauche.

Le mec revient bien une heure après et m'emmène dans une autre partie de l'entrepôt, là où se trouve le douanier. Je fais ce qu'il m'a dit : y'a que des effets persos dans ces boites en fer. J'obtient un nouveau papier.
Mon guide me dit que je vais pouvoir récupérer mes malles bientôt, juste après le contrôle de celles-ci.
Dans contrôle, moi, je comprends "elles n'ont pas été endommagé, c'est bien les miennes". Mais moi, c'est moi Je patiente trente minutes supplémentaires, puis je me retrouve tout au fond de l'entrepôt, là où tout les trucs sont stockés. Y'a un nouveau gars qui est apparu avec mon gus. Un p'tit charpenté, bien sapé qui fait très "garde du corps". J'avise une grosse clé à molette près de la machine au rayon X.
Mes malles arrivent. Elles sont donc bien là. Y'en a une qui est défoncé sur un coin. Mauvaise surprise.
Et là, le second effet KissCool. "Contrôle", ça veut dire que je doit les ouvrir et qu'ils vont fouiner dedans.

J'ai pas les clés des cadenas.

Je commence à être un tout petit peu vénèr'. Et je commence à être franchement désagréable quand ils me disent qu'ils vont devoir faire sauter les cadenas. Ca met bien 10 minutes avant qu'ils trouvent un gars qui sache faire ça.
Le dit-gars, un p'tit vieux moustachu avec de beau restes, y va comme un bourrin. A taper dessus comme Obélix sur un romain, c'est l'arceau de la malle qui pête. Le cadenas est intact. Ça, c'est d'la came. Sur les trois cadenas de la première malle, deux ont survécu. Le troisième, le plus gros, a fait son lâche quand il a vu ses deux pôtes se faire allumer comme ça.
Pour la seconde malle, le seul cadenas a été héroique, mais maitre Moustache tapait fort.

Désolé, tonton André, tes malles sont mortes.
Moi, j'étais bien deg et je commençais à flipper parce que dans mes malles, sous les vêtements, y'a six consoles de jeux.
En Inde, y'a une taxe de 60% sur tout le matos électronique.
Je la joue de bonne foi, décontracte, j'assure. Je suis le roi Arthur.
Sauf que lorsque je soulève un bout de pull, y'a un morceau de Super Nintendo qui apparait (Elle était pas censé être là tout de suite, cette conne). je suis donc obliger de la montrer au mec de la douane qui ne sait absolument pas ce que c'est. Si je bosse dans la seul école de JV indienne, montée il y a seulement six ans, c'est pour une bonne raison.

Ensuite, je fais trainer. Je joue la montre pour qu'ils en aient autant plein le cul que moi. Ca marche, le douanier voyant que y'a quand même beaucoup de vêtements, me demande de passer à la malle suivante.
Dans celle-ci, les cables pour les consoles, plein de vêtements et l'auto-cuiseur de riz bien en évidence. Chiotte.
Le douanier me dit que je vais devoir payer la taxe sur les produit électronique. Vu que ce genre de machine n'a jamais été dispo en Inde, je me demande bien comment ils vont la calculer. Mais ça, c'est parce que je suis pas indien aprce que eux, ils semblent savoir.
Je lui dit que je vais pas payer pour des trucs a moi, que c'est pas de l'import pour revendre. Il veut rien savoir, c'est la loi indienne qu'il me dit.

On referme mes malles correctement avec des liens en plastiques.

Maintenant, c'est showtime !

Après avoir une nouvelle fois patienté, mon gus débarque et m'annonce que le douanier me demande 6000Rs pour mes affaires, ce qui, avec les honoraires de mon gars, s'élève à environ 8000Rs en tout (Une centaine d'euros) Ma réponse, c'est "NO WAY". Direct. Entre temps, j'avais téléphoné à AlexiM pour qu'il me tuyaute. J'applique à la lettre. J'avais bien capté que le douanier et mon gus était plus ou moins de mèche.
Je lui explique que cette console, elle coute même pas 10€ en France et que vu que la loi indienne c'est 60% sur la valeur, je lui donne 600Rs et donc avec ses 2000rs d'honoraires, ca fait 2600Rs. Il blémi. Il me demande donc 4000, je lui dit "Non, c'est trop. 3000."
Il est bien emmerdé. moi, je bois du p'tit lait. C'est pas dans ma nature d'être un connard, mais je veux voir jusque où il peut aller et apprendre. De plus, avec mon look de biker (bouc grisonnant à la métalleux, bandana chewbacca et faux muscles), et mon regard, j'en profite.
Il veut 4000, je lui dit alors "3500". Voyant qu'il aura pas ses 4000, il me lâche un "forget it" ("oublie ça").
Victoire, Messire.
il va me chercher mes malles. Bon, j'ai eu un coup de flippette quand même, hein. P'têt qu'il allait chercher ses potes pour me tabasser ou qu'il allait se plaindre au douanier qui refuserait alors de me les rendre. Il les charge dans un petit camion qui nous amène a l'entré du Cargo. Je me retrouve encerclé d'indien. Vont ils me taper dessus ?

Après quelques patates dans la gueule, ils comprennent que ça sert à rien. Je suis Son Goku.
Non, bien sûr, ça, c'est ce que je me préparais à faire si ...
Heureusement, je dois dire que niveau taff et paroles les indiens sont plutôt clean. Ils te montrent qu'ils ne sont pas d'accord, ils vont tenter de faire trainer, mais ils le feront.
Dans le petit camion, juste avant de sortir et de transférer mes malles dans la voiture de mon chauffeur, mon gus me dit :"Ok, 3500Rs". Je lui lance un "BEN VOILA !" bien senti. J'aurais pu être un très gros enfoiré et lui faire remarqué qu'il m'avais dit d'oublié ça et que du coup, j'avais effectivement oublié.
Mais j'en ai tellement plein le cul et le type m'a quand même évité de tout faire moi même, que je me contente de lui filer ses 3500Rs.
Oh, je suis bien conscient qu'il doit penser qu'il m'a baisé, mais vu sa tronche, je pense qu'il était bien vénèr' et ça, c'est super gratifiant.

Finalement, on peut ENFIN retourner au campus.
Mais c'était sans compter sur mon dévoué chauffeur qui a trouver le moyen ... de se perdre une nouvelle fois dans Mumbai.
On a pris en chasse une bagnole d'une compagnie de voyage concurrente à qui il avait demander son chemin. C'est pas évident de suivre une bagnole dans les rues de Mumbai. Tu la perd de vue constamment vu que t'as toujours une moto, un rickshaw, une voiture ou une vache pour te doubler à l'arrache.

On arrive quand même a s'extirper de ce dédale et filer sur l'autoroute où on ira casser la croute. Un super resto dans lequel pas moins de 4 serveurs viendront en même temps voir comment se débrouille leur pote pour me servir mon plat de lasagne.
Le dit-pote restant à coté de notre table et me resservant dès que mon assiette est vide. J'hésite entre le roi Arthur et Jules Cesar, là, pour le coup.

Enfin, bon, il est 15h et grâce à la capacité "Chuis un guedin d'la route indienne" de mon chauffeur, à 18h, je suis dans mon appart avec mes deux malles.

Je peux enfin m'installer.

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